VOYAGE

à la découverte du PLUS BEAU PAYS du Monde

Deuxième étape : L’Eure et Loir.

Si nous avons découvert que la France est si belle, c’est aussi, et peut être surtout à travers notre histoire et ses châteaux, véritables trésors architecturales : ah le temps des preux chevaliers, des belles dames, des costumes chatoyants des nobles et des bourgeois gentilshommes, des poètes et des troubadours, de ces artisans fabuleux dont les métiers ont presque disparu, des chiffoniers, des crieurs de rue, des porteurs d’eau, des marchandes de plaisirs, c’était "le temps des cathédrales" comme chantait Bruno Pelletier dans la comédie musicale du même nom, qui annonçait la fin du monde en l’an deux mille ! Ouf, il s’est trompé, on est en 2020, et notre beau patrimoine est toujours là, en péril peut être, mais heureusement, Super Stéphane (Bern) est là pour le sauver ! Alors profitons en, allons de château en château, faisons découvrir aux nouvelles générations que tout ne se fait pas en un clic de souris, ni avec un smartphone, qu’il faut prendre du temps pour créer, et le temps est précieux... prenons le temps, à travers leurs yeux émerveillés, vous entendrez battre le cœur de l’histoire de France et du plus beau pays du monde.

Notre excursion nous emmène dans le département de l’Eure-et-Loir, à la rencontre de la cité médiévale de Chartres, bâtie au milieu de la Beauce. Visiter et admirer Notre Dame de Chartres, sa cathédrale, chef-d’œuvre de l’Art gothique français, qui a été la première grande cathédrale gothique à être classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Le nombre de vitraux d’époque (romans ou gothiques) qu’elle contient est impressionnant (près de 2 600m2 de verrières) 

Cathédrale Notre-Dame de Chartres © chartres-tourisme

 
En parlant vitraux, à proximité de ce joyau se trouve le grenier de l’Enclos de Loëns (XIIe siècle) qui abrite le Centre international du vitrail qui comprend : le musée du vitrail, l’école internationale du vitrail et du patrimoine, et des expositions permanentes sur l’art du vitrail. Dans les environs, il y a aussi le palais épiscopal (construit à partir du XIIe siècle, remanié plusieurs fois et achevé au XVIIe.) De nos jours s’y trouve le musée des beaux-arts. Non loin de là, on peut se balader dans les Jardins de l’Évêché.

Ensuite, nous pouvons aller flâner jusqu’aux maisons à colombages de la vieille ville comme celle de la « Truite qui file » et celle du « Saumon ». 
S’asseoir à une table dans le vieux centre historique, et prendre le temps d’une pause dégustation pour découvrir la poule au pot ou le pâté de Chartres, prendre un morceau de fromage La feuille de Dreux.

Plateau Vache- La feuille de Dreux © cducentre.com
Euralienne Tripple © Euralienne

Goûter à une bière l’Eurélienne, ou une des Bières de Maintenon, ou une de La Bonn’Valée, accompagnée de chips Belsia. Mais aussi siroter un Beauce Cola, une limonade la Beauceronne, un verre de rosé de Chartres…

Faire des petites emplettes et acheter une baguette Retrodor et du miel de Chartres pour de bonnes tartines gourmandes, mais aussi se fournir en macarons, en sablés de Beauce, prendre un Cochelin, un Pèlerin (biscuit moelleux.) Ou bien encore, un sachet de vitrail de Chartres (gourmandise) ou un de Mentchikoff pour la route que nous reprenons jusqu’à la collégiale Saint-André, qui a été construite sur le site d’un ancien amphithéâtre gallo-romain.

Vieille ville de Chartres. © notrefrance.com

Puis à l’hôtel particulier Montescot (reconstruction au XVIIe après avoir été détruit), puis jusqu’à l’ancien Hôtel des postes (XXe siècle), et à ne pas manquer : la très originale maison Picassiette, et autres merveilles que vous avez la possibilité de découvrir en déambulant dans la cité, ou à travers les circuits touristiques proposés dans la ville.

Maison Picassiette © notrefrance.com

En sortant de l’agglomération, nous pouvons profiter des beaux paysages de la Beauce. Y faire des randonnées à cheval, ou bien naviguer sur L’Eure, mais aussi en profiter pour faire une découverte vue du ciel. Le département propose plusieurs parcours découvertes en randonnées pédestres, fluviales, de cyclotourisme ou par les airs.

Poursuivons notre chemin jusqu’à Maintenon, où nous ne pouvons qu’admirer son château ayant abrité les amours de Louis XIV et de Françoise d’Aubigné. Elle deviendra Madame de Maintenon après avoir acheté le domaine (construction du XIIIe au XVIIe siècle.)
En 2013, les superbes jardins à la française de Le Nôtre ont été reconstitués.

Château de Maintenon © Château de Maintenon

Du château, nous apercevons au fond du parc les vestiges de l’Aqueduc de Maintenon. Voulu par Louis XIV, il est l’un des ouvrages prévus pour le Canal de l’Eure (surnommé aussi de Louis XIV et de Maintenon) dans le but d’alimenter le château de Versailles en eau. Commencé par Vauban en 1685, il restera inachevé suite à l’abandon des travaux en 1689 (Longueur 955 m, largeur 28.5 m.)

Aqueduc de Maintenon © Selbymay

Et si nous remontions encore plus loin dans le temps ?
À Saint-Piat, entre le hameau de Changé et Maintenon, se trouve le musée des mégalithes de Changé, créé pour parler du site archéologique de Changé. Ce site est composé de plusieurs dolmens et d’un menhir. Le musée a pour but d’expliquer de façon ludique la période néolithique, l’architecture mégalithique, sans oublier l’historique des fouilles.

Face à lui, sans que l’on puisse s’en douter puisque camouflé par les arbres, se cache un oppidum gaulois nommé « Le Camp de César. »
Dans les environs, nous trouvons aussi la ferme de Bois Richeux (XIIe siècle.) Une « villa franche », l’une des plus anciennes fermes de France, dont le jardin médiéval a été réhabilité en 1996 (il est possible de le visiter.)
Cette ferme a été rachetée par Madame de Maintenon au XVIIe siècle et était donc rattachée au château. Propriété privée de nos jours, elle est importante dans l’histoire de la région et de la France, puisqu’elle avait accueilli les premiers paysans libres.
Non loin de là, à Saint-Piat, dans une église dédiée au Saint, se trouve un sarcophage gallo-romain (IVe et Ve siècles) décoré des douze apôtres.

Reprenons notre itinéraire pour filer au château d’Anet et sa très belle entrée. Il a été construit au XVIe siècle, avec la participation de beaucoup d’artistes de l’époque qui en ont fait un magnifique château de la renaissance, sur la demande du roi Henri II pour sa maîtresse Diane de Poitiers.
Des trois ailes d’origine, une seule subsiste aujourd’hui, deux furent détruites pendant la révolution. Trônant dans le parc, la chapelle qui abrite le tombeau de Diane de Poitiers.

Château d’Anet © Vincent Tournaire

À Anet, se trouve aussi l’église Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte d’Anet, classée aux monuments historiques (XIIe-XVIe siècles)

Après Anet, direction Dreux et les vestiges du château des comtes de Dreux.
C’était à l’origine une ancienne forteresse romaine bâtie sur un oppidum gaulois. Après être passé de mains en mains, il est rattaché au domaine royal en 1023. Au XIIIe siècle, un château est édifié et n’est pas été épargné par l’histoire et ses batailles successives. Il ne reste de lui aujourd’hui que des vestiges et remparts.
Dans l’enceinte de l’ancien château fort se trouve la superbe Chapelle Royale de Dreux construite dans un style néo-gothique, bâtie sur l’emplacement de la collégiale Saint-Étienne de Dreux (XIe siècle.)
En 1783, le duc de Penthièvre fait transférer les sépultures des neuf membres de sa famille à la collégiale Saint-Étienne. En 1798, elle est mise en vente ainsi que les terrains. En 1816, la Duchesse d’Orléans (Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre) en fait l’acquisition et entreprend la construction de la chapelle à l’endroit même où se trouve la fosse, où après le Décès du Duc (1793), les sépultures de sa famille avaient été jetées (fin 1793.)
Les travaux seront terminés par son fils en 1822. De grands maîtres et artistes de l’époque y ont laissé leurs empreintes. D’autres modifications seront entreprises et achevées en 1844. Dans le parc de la Chapelle se trouve l’évêché, ainsi qu’une autre bâtisse accolée à celui-ci, qui se trouve être la demeure privée du comte et de la comtesse de Paris et de leurs enfants.

Chapelle Royale Saint-Louis de Dreux © Office de Tourisme de l’Agglo du Pays de Dreux / Fondation Saint Louis

En vous baladant à Dreux vous pouvez aussi visiter le musée d’art et d’histoire qui propose plusieurs collections : archéologiques, sur les vitraux, des éléments sculptés du moyen-âge, et une sur l’art au XIXe siècle, et ensuite aller à l’écomusée des vignerons et artisans drouais, puis du côté du Beffroi (XVIe siècle), et des façades de l’ancien hôpital l’hôtel-Dieu (XIIe siècle.)

Reprenons notre chemin pour nous rendre à Pontgouin, village où a été bâti le beau château de la Rivière au XVIIe siècle, tout comme la ferme et les dépendances du château. Il est ouvert au public.
Non loin de là, entre Pontgouin et Saint-Maurice-Saint-Germain, se trouve le château des Vaux, dont la première construction date du XVIIe siècle. Plusieurs aménagements et agrandissements effectués au XIX lui apporteront son aspect actuel.
En 1946 le château est acquis par le Père Duval, directeur Général de l’œuvre des Orphelins Apprentis d’Auteuil, pour y accueillir les orphelins. De nos jours, le site est toujours la propriété des Apprentis d’Auteuil continuant d’accueillir des jeunes en difficulté et il abrite plusieurs établissements scolaires et de formation.
Le restaurant d’application « Le Château » propose un menu préparé par les élèves de la section des métiers de bouche, uniquement pour le service de midi, sur réservation et pendant les périodes scolaires de la zone B. Le restaurant accueille aussi les groupes sur réservation, et organise plusieurs fois dans l’année des soirées à thème.
À Pontgouin, vous pouvez aussi voir les écluses de Boizard qui faisaient partie du projet du Canal de l’Eure voulu par Louis XIV.

Château de La Rivière. © chateaudelariviere.com

À présent, prenons la direction Nogent-le-Rotrou et son château Saint-Jean. Château des comtes du Perche, haut perché et dominant la vallée de l’Huisne. Le château offre un beau panorama sur les environs.
Plusieurs modifications y ont été apportées du XIe au XVIIe siècle, le châtelet et le logement à étage sont reconstruits à la renaissance. Au XVIIe siècle, Sully y fit ériger le pavillon Louis XIII.
Pendant la révolution le château est transformé en prison, puis laissé à l’abandon jusqu’à sa restitution au patrimoine privé. Dès lors, il change plusieurs fois de propriétaires (qui y ajouteront leur touche personnelle.) Il a subi aussi des dégâts pendant la Seconde Guerre mondiale. Finalement, la commune de Nogent-le-Rotrou en fait l’acquisition en 1950.
De nos jours, le corps de logis renaissance abrite au second étage le musée de l’histoire du Perche, du château et de Nogent-le-Rotrou. Les enfants prendront beaucoup de plaisir à faire les jeux de découvertes proposés, et avec lesquels ils obtiendront un diplôme de chevalier à la fin de la visite.

Dans la commune se trouve aussi l’ancien hôtel-Dieu (XIIe siècle) où reposent les tombeaux de Sully et de son épouse. Les vestiges de l’ancienne abbaye Saint-Denis. Le « Quartier Sully » (caserne Sully) avec les militaires de l’unité d’instruction et d’intervention de la sécurité civile n°1.
Et aller voir aussi les façades de la maison du Bailli, et des vestiges de « La cave des templiers. »

Envie de nature et d’autres découvertes ?
Le Parc naturel régional du Perche vous accueille à bras ouverts, et met à votre disposition un outil interactif en ligne pour préparer vos itinéraires et vos randonnées.

rando-perche.fr

Continuons à travers les routes de campagne pour aller visiter le collège Royal et militaire de Thiron-Gardais, dont les lieux sont rachetés en 2013 par un certain Stéphane Bern, qui en fera un musée consacré à l’histoire du collège et de l’abbaye. Le site sera inauguré en 2016 après trois ans de travaux.
Mais regardez plutôt

Stéphane Bern posant devant le Collège Royal et militaire de Thiron-Gardais © collègeroyal-thirongardais.com

S’aventurer ensuite au château de Frazé et son magnifique parc à la française. Le château fort et le bourg existaient déjà au XIe siècle, mais subirent les attaques de Thomas de Montaigu. C’est au XVe et XVIe siècle que se fera sa reconstruction, bien que des remparts et de la cité ne restait que des ruines. Il y aura par la suite plusieurs aménagements et restaurations à travers les siècles.

À quelques kilomètres de là, les enfants apprécieront l’aspect du château de Villebon, que l’on dirait sorti tout droit d’un conte de fées, bien qu’il soit un édifice militaire construit au XIVe siècle pendant la guerre de Cent Ans. Sans doute grâce à sa couleur rougeâtre puisqu’il a été bâti en brique. Mais aussi pour ses daims accueillis depuis le XVIIIe siècle dans le parc du château dessiné par Sully. Le jardin à la française a été aménagé au XVIIe siècle. Au XIX viendront s’ajouter à l’ensemble l’Orangerie et les écuries.
Plusieurs animations y sont habituellement proposées pendant la saison.

L’abbaye Saint-Florentin-et-Saint-Hilaire. © ville-bonneval.eu

Poursuivre notre escapade jusqu’à la petite cité médiévale de Bonneval surnommée la « Petite Venise de Beauce ». Village fortifié qui s’est construit autour de L’Abbaye Saint-Florentin-et-Saint-Hilaire fondée en 857, détruite en grande partie à la révolution. De nos jours, le site abrite un hôpital psychiatrique. Dans ce village se trouve aussi la Tour du roi, donjon du XIIIe siècle, la Porte Saint Roch datant du XVe siècle, l’ancienne Salle de Justice du XIIIe siècle, et le Logis des Trois Marchands, dont les locaux servent aujourd’hui d’Espace culturel où se tiennent diverses expositions. 

Quittons ce bel endroit historique pour nous rendre Châteaudun. La cité est à la croisée des voies romaines reliant Chartres à Tours et Orléans au Mans. S’y trouvent de très beaux édifices à visiter, comme le château bâti au XVe et XVIe siècle sur l’emplacement d’une forteresse (Xe siècle) dont subsiste le donjon (XIIe siècle). Un mélange subtil de l’architecture militaire du Moyen Âge et des styles gothiques et Renaissance. Au XXe siècle, il fut restauré intégralement par la ville de Châteaudun qui en a fait l’acquisition en 1930.
À voir aussi, les maisons des anciens quartiers comme celles de Louis Esnault (XVIe siècle), celle la Vierge, et celle « des Architectes du Château ».
Ou encore, la fontaine néo-renaissance (XIXe siècle) sur la place principale du centre de la ville, l’église de la Madeleine de Châteaudun (XIIe – XIIIe - XVIe siècle) qui est à l’origine une ancienne abbatiale romane (XIIe siècle), la Sainte-Chapelle de Châteaudun (XVe siècle), le musée municipal des Beaux-Arts et d’Histoire naturelle.

Grottes du Foulon. © tourisme28.com

Et si vous n’êtes pas claustrophobes, préparez-vous à une escapade dans la préhistoire en visitant les grottes du Foulon en calcaires creusées naturellement, et qui ont été habitées il y a de cela 300 000 ans. Ces grottes vous réservent de nombreuses surprises qui vous surprendront pendant votre visite. Elles abritent aussi une exposition d’outils en silex datant de l’âge de pierre.

De retour à la surface, plusieurs parcs et jardins où flâner et se poser s’offrent à vous à différents endroits de Châteaudun.

Avant de quitter l’Eure-et-Loir, une dernière escale dans ce département au Domaine de Montigny-le-Gannelon. L’ancienne commune où se trouve le château a été intégrée (commune déléguée) à une nouvelle du nom de Cloyes les Trois Rivières le 1er janvier 2017.
L’ancienne forteresse du domaine daterait de l’époque de Charlemagne (Xe siècle rebâti au XIIe siècle.) Au XVe siècle, se trouvant dégradée, elle a été démantelée pour laisser place à la construction du château dans un style renaissance. Un logis a été ajouté à l’ensemble au XIXe siècle, ainsi que l’édification de la façade Est dans un style néo-gothique par un disciple de Viollet-le-Duc.
Si vous aimez les cérémonies romanesques pour vos événements professionnels ou privés, le domaine vous accueillera avec plaisir dans l’une de ses trois salles prévues à cet effet.

Domaine de Montigny-le-Gannelon. © Patrick Forget

Il reste encore beaucoup de très beaux endroits à visiter en Eure-et-Loir, que nous ne pouvons tous citer. Vous trouverez des informations complémentaires concernant : le tourisme, hébergements, randonnées, activités…sur le site de L’Eure-et-Loir tourisme.

Et tout ça en musique, s’il vous plait :

La région a vu naître et a accueilli de nombreuses célébrités littéraires et artistes : Émile Zola, Charles Péguy, Marcel Proust, Rémy Belleau, Jean de Rotrou, Gabriel Loire, Rhoda Scott, Bertrand Visage, Maurice de Vlaminck, Louis Blériot, Charles Brennus, Jean Todt, Patrick Vieira, Stéphane Grappelli, Jean-Pierre Coffe, Ève Ruggieri, Lolita Lempicka, Jean-Paul Guerlain, Georges Cravenne, Arlette Chabot, Mireille Dumas, Jean Daninos, etc.

[Idées entreprises à visiter :
Brasseries : l’Eurélienne = la Brasserie de Chandres , Les bières de Maintenon, la Bonn’vallée
Autres : Les chips Belsia, Minoteries Viron, Loesia, La Cosmetic Valley les Ateliers Loire... ]

En reprenant notre route, nous arrivons dans le département du Loir-et-Cher…

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