TOURISME

A la découverte du plus beau pays du Monde

Troisième étape : le Loir-et-Cher

Il est temps pour nous de reprendre la route, et d’aller à la découverte du Loir-et-Cher et de la très grande richesse de son patrimoine historique. Notre parcours sera différent des circuits touristiques classiques que nous retrouvons aisément sur internet. Nous avons mis à l’honneur nos beaux villages de France, mais aussi quelques sites incontournables du département.

Commençons par Arville / Couëtron-au-Perche (commune déléguée depuis le 1er janvier 2018) et plongeons-nous à l’époque des templiers en allant visiter la Commanderie templière d’Arville bâtie au XIIe siècle, ainsi que le porche d’entrée et l’église Notre-Dame-Saint-Louis. La grange, les écuries et le pigeonnier seront ajoutés aux XVe et XVIe siècles. Le site abrite un jardin médiéval, un musée relatant l’histoire des templiers, et propose habituellement des spectacles scénographiques et autres activités tout au long de l’année. Face à la commanderie, un centre d’hébergement accueille les centres de loisirs, les établissements scolaires, et autres groupes (sur réservation.)

Commanderie d’Arville

A proximité, le château de Saint-Agil (XVe siècle) édifié sur l’emplacement d’une ancienne forteresse médiévale (XIIIe siècle.)
En continuant sur la route de nos villages, vous pouvez faire une halte à Mondoubleau, sur le chemin nous croisons les vestiges de la chapelle de Guériteau. Mondoubleau est une ancienne cité médiévale. La maison du tourisme de la commune vous propose deux circuits : un « touristique », et un « patrimoine », ainsi que des circuits pédestres et équestres. En vous baladant, vous pourrez voir les vestiges de la forteresse de Mondoubleau (XIIe siècle) ainsi que celles de tours et fortifications. Dans le centre du bourg, non loin de la forteresse, subsiste une maison à pans de bois du XVe siècle, ainsi que le manoir du Rocheux un peu plus loin, une bâtisse du XVe siècle (propriété privée.)

Nous arrivons maintenant à Trôo. Vous trouvez le nom atypique ? Attendez de voir cette ancienne cité troglodytique construite dans la roche dès le moyen-âge. Un village insolite bâti sur plusieurs niveaux et offrant différents styles architecturaux. Prévoyez une tenue adéquate pour parcourir les sentiers qui grimpent et escaliers. Sous les Romains, le village de Trôo était une ville fortifiée (Oppidum) ; Jules Cesar disait que Trôo était un village de lapins !. Pour protéger les habitants des invasions barbares au XIe siècle, la cité se dotera d’un Castellum en bois. Avec 5000 habitants au Moyen Age, rivalisant avec Tours, Trôo sera un enjeu territorial pour Richard Cœur de Lion. Au XIIIe siècle, chef-lieu d’un archiprêtre du diocèse du Mans, la commune en gardera de nombreux vestiges.
Nous pouvons y voir notamment : la Motte castrale (antérieure au XIe siècle), la collégiale Saint-Martin (XIe-XIIIe-XIVe-XVe-XVIe siècles), les vestiges des remparts (XIe et XIIe siècles), l’ancien prieuré Notre-Dame-des-Marchais (XIIe siècle), les vestiges de la Maladrerie Sainte-Catherine (Hôtel-Dieu, XIIe siècle), et un puit “mystérieux” dans le village nommée le Puits qui parle (ou Puits de Jacob » ou « Puits de Jacquot ») à l’écho exceptionnel (il serait du XIe et du XVe siècle.)

Collégiale et motte castrale de Trôo. © troo.fr

Les musées ne sont pas en reste. Et ces derniers vont vous plonger dans l’atmosphère des maisons troglodytes. Pour pouvez visiter la cave du vigneron qui abrite l’écomusée sur l’histoire des vignobles et la vie des vignerons des environs. Trôo était un vignoble réputé. Un acte du XIIIe siècle attesterait de la présence de vignobles à cette époque, mais vers 1960 le village a perdu toutes ses vignes. Il a fallu attendre l’année 2013 pour qu’un néo-vigneron, Benoît Savigny, décide de rendre à Trôo son patrimoine viticole en y plantant de nouveau des vignes. L’écomusée (mini prix pour y entrer) vous accueille pour vous raconter et expliquer l’histoire des vins du pays, le quotidien des vignerons, et vous présenter les outils utilisés à travers une exposition permanente. Sur place se trouve aussi le ResTrôo, pour le plaisir des papilles, et de la dégustation de produits du terroir, les fromages de la Laiterie de Montoire Le Petit Trôo, les bières originales de la brasserie Sommier, et pourquoi pas, en acheter aussi pour ramener chez soi. Vous pouvez même y réserver une table pour être sûr d’avoir une place.
Le site propose aussi des expositions à thème : « L’homme et son coteau » et « Les enfants de Trôo » (enfants juifs cachés pendant la Seconde Guerre mondiale.) Visiter aussi l’écomusée du patrimoine La cave Yuccas, une maison troglodyte composée de six pièces, qui a été réhabilitée et aménagée dans un style du début du XXe siècle. Petit plus, une belle vue sur la vallée de la terrasse.

Écomusée La cave du vigneron, le ResTrôo © Trôo tourisme

Dans le village se trouve aussi La Maison des métiers d’art et des artistes, où ces derniers peuvent venir exposer et mettre leurs œuvres en dépôt-vente, comme les bijoux en verre de Murano de Claramints) ou les marqueteries de L’Atelier Bois Bleu . Ils peuvent s’adresser à Trôo tourisme pour connaître les conditions.
Avant de repartir, ne pas manquer le site touristique le plus ancien de Trôo qui était déjà visité au début du XXe siècle. La Grotte Pétrifiante, vous accueille pour y admirer ses stalactites, sa vasque pétrifiée, et autres vestiges de l’ancienne chapelle Saint-Gabriel, ainsi qu’une statue du saint, dont celle d’origine a subi des dégâts causés par des éboulements. Pourquoi Grotte Pétrifiante ? Tout simplement à cause de réactions chimiques et physiques de l’eau coulant doucement sur les parois. Chaque goutte qui tombe participe à la pétrification de ce qu’elle touche, dans un long processus de goutte après goutte, grâce au calcaire. Une visite à la fois historique et géologique. Si vous avez une petite soif, bien qu’assez calcaire, l’eau coulant de la butte est potable.

La petite commune insolite de Trôo a été sélectionnée pour représenter le Centre Val de Loir pour l’élection du village préféré des Français, édition 2020.
(A l’heure où l’article avait été écrit, l’émission n’avait pas encore été diffusée. Quelques mots pour ajouter que le village de Trôo est arrivé en septième position.)
Pour finir la tournée de Trôo, parlons vignoble, allons voir le Domaine viticole de Benoît Savigny pour une dégustation (avec modération) au Domaine des Fosses Rouges. Comme dit précédemment, depuis les années 1960 les vignobles avaient disparu du paysage, puis vint Benoît Savigny, qui en 2013, décida de concrétiser son rêve : planter des vignes à Trôo. Il entreprend toutes les démarches nécessaires en 2014. Les premiers ceps seront plantés près de la collégiale en 2015. Depuis, les vignes se trouvent à différents endroits sur la commune et représentent 3 hectares de cépage Chenin, Cabernet franc et Pinot noir. Force et courage à Benoît, et total soutien de notre part.

Les Fosses Rouges - Benoit Savigny

Repartons sur les routes, direction Couture-sur-Loir, commune déléguée de Vallée-de-Ronsard depuis janvier 2019, qui se trouve être le pays du poète Pierre de Ronsard. Ce dernier fut aussi appelé « Prince des poètes et Poète des princes  ». Le village a changé plusieurs fois de nom : Agrum Culturam au VIIe siècle, Villa Culturas au IXe, Cultura, puis Couture au XVIIIe.
Ronsard naquit au château de Possonnière en septembre 1524. Il est l’un des plus grands poètes français du XVIe siècle. Il écrivit des œuvres telles qu’Odes, Hymnes, Les amours de Cassandre et Les discours, entre autres, durant trente ans. Avant de s’investir dans la poésie, il fut, dès l’âge de douze ans, page d’un des fils de François 1er, Charles d’Orléans. Un problème de surdité survint suite à une maladie, et il dut abandonner les perspectives de carrière militaire et de diplomate qu’il embrassait. Avec Joachim du Bellay, dont il a fait la connaissance en 1547, et d’autres poètes, il fondera un groupe nommé « La Brigade », ayant vocation à être un nouveau mouvement littéraire, et qui prendra par la suite le nom de «  La Pléiade  » des poètes du XVIe siècle.
Pour en revenir à sa maison natale, celle-ci est bâtie dans un style renaissance italienne début du XVIe siècle par son père, mais sur cet ancien site médiéval, son grand-père y avait déjà œuvré au XVe . Et bien qu’il soit restauré au XIXe, le manoir a gardé cette atmosphère médiévale et de la renaissance.

Manoir de La Possonnière (doc. OTCPV-Claude Defresne)

Sur la commune de Couture-sur-Loir, se trouve aussi l’église Saint-Gervais et Saint-Protais. La première construction date du XIIe siècle. Des modifications sont ajoutées au XIIIe, puis, pour les plus importantes par la famille de Ronsard, au XVIe. Des statues funéraires représentant les parents de Ronsard, se trouvent non loin de l’entrée de l’église. La nef est incendiée au XVIIe siècle, et demandera des travaux au niveau de la charpente et de la voûte. Vous pouvez aussi vous rendre à la fontaine Belle-Iris (anciennement Bellerie), qui inspira à Ronsard le poème : Belle Iris. Envie de continuer de marcher sur les pas de Ronsard ? Dans ce cas, rendez vous à L’Isle-Verte où le poète aimait se ressourcer. Sur une stèle posée à une pointe de l’Isle, nous pouvons lire cette épitaphe qu’il avait écrit dans l’espoir d’être inhumé dans ce lieu de sérénité qu’il chérissait tant : « Je veux, j’entends, j’ordonne, Qu’un sépulcre on me donne, Non près des rois levé, Ni d’or gravé, Mais en cette île verte où la course entrouverte du Loir autour coulant est accolant, Là où Braye s’amie d’Une eau non endormie Murmure à l’environ de son giron. »
Après cette dernière balade à Couture-sur-Loir, reprenons notre parcours pour nous rendre à Montoire-sur-le-Loir. Sur notre trajet nous pouvons faire un tour du côté du Château de la Voûte, édifié sur les vestiges d’un château médiéval, et dans lequel vous pouvez séjourner ou y organiser un événement. Le domaine propose des chambres d’hôtes, salle pour séminaire et réception…
Dans les environs, il y a aussi le Domaine Martelliere. Vous pouvez y goûter les vins du pays et y dégoter des produits du terroir (visite des caves sur réservations. Consommer avec modération.)
Allons maintenant à Montoire-sur-le-Loir. Des découvertes archéologiques ont permis de faire remonter les origines de la présence humaine dans le village aux époques préhistoriques (atelier néolithique et outils) puis gallo-romaines (habitats troglodytiques, structure agricole à Saint-Rimay.) La vie de la cité, quant à elle, a vraiment débuté à partir du moyen-âge (Xe siècle), et subit moult batailles. Le donjon du château date du XIe siècle (surélevé d’un niveau au XIIe siècle) entouré d’une double enceinte. Au XIVe y sera rajouté des tours et remparts. La commune fait l’acquisition des ruines du château, qui a été démantelé au XVIe siècle, en 1847.

Ruines du château de Montoire-sur-le-Loir. © Wikipédia

Dans la cité se trouve aussi le château de Chalay (tours du XIVe, façade XVIIIe, fronton et horloge XIXe siècle.) L’ensemble comprend une chapelle (XIXe siècle) et un site troglodytique. D’autres édifices historiques (ou ruines) sont présents sur la commune, comme l’ancienne chapelle Saint-Laurent, la maison du Bailli et son parc (dite aussi maison de Busson, XVIe siècle), l’ancien couvent des Augustins (XVe-XVIe-XVIIe siècles), la chapelle désaffectée de la Madeleine, ancienne léproserie (XIIe siècle.) La chapelle Saint-Gilles (XIe siècle) qui a été le prieuré du poète Ronsard (XVIe siècle) et qui abrite des fresques romanes.
À voir aussi, le quartier Saint-Oustrille et son ancienne église qui fut édifiée au pied du château au XIIe siècle. L’église Saint-Oustrille fait actuellement l’objet d’une campagne d’appel aux dons de part de la Fondation du Patrimoine pour sa restauration et sa sauvegarde.

Eglise St-Oustrille © L’Echo de la Vallée du Loir

En temps normal, et depuis 1973, la commune accueille un grand festival folklorique au mois d’août, où plusieurs groupes des cinq continents viennent se produire pendant plusieurs jours. Annulé cette année, nous espérons qu’il puisse avoir lieu en 2021.

Pour la petite anecdote, l’un des personnages de « La comédie humaine » de Balzac, Louis Lambert, est né dans la commune de Montoire-sur-le-Loir en 1797. Dans le roman, Honoré de Balzac évoque sa propre scolarité au collège des Oratiens de Vendôme. Collège où son personnage entrera comme élève en 1811, grâce au financement de Mme de Staël frappée par son intelligence. Il y subira trois années douloureuses, brimé par les Oratiens.

Reprenons notre circuit touristique personnalisé pour rejoindre Lavardin, où environ deux près de cent âmes habitent. La commune est classée parmi les plus beaux villages de France et nous pouvons y découvrir six bâtiments portés à l’inventaire des monuments historiques. Dont les impressionnantes ruines du château médiéval bâti sur un promontoire dominant la vallée (XIe siècle-XIIe-XVe siècle) démantelé par Henri IV au XVIe siècle. Une des enceintes protégeait le prieuré de Saint-Martin (XIe siècle, anciennement Saint-Gildéric.)
Le Prieuré, devenu bien national au XVIIIe fût modifié en manoir. Paul Claudel, membre de l’Académie française et frère de la sculptrice et peintre Camille Claudel, y séjourna avec sa famille au XXe siècle. Le poète, dramaturge, essayiste et diplomate, y aurait écrit « Conversations dans le Loir-et-Cher » où plusieurs lieux du département sont plus ou moins évoqués.

En flânant dans le village, nous pouvons y voir l’église romane Saint-Genest (XIe-XIIe) avec son clocher Beffroi et ses très belles fresques murales (du XIIe au XIVe siècle.) Face à elle, l’ancien presbytère Saint-Genest (Xe et XIe, modifié et agrandit aux XIIe et XIVe siècles) qui est l’une des plus anciennes maisons du village, et abrite désormais la mairie (chanceux va !) Pour ce qui est des maisons très anciennes, nous pouvons admirer les façades de celle de Perrault, une bâtisse gothique du XIVe siècle et celle de Florent Tissard, mais aussi prendre le sentier de « la Rotte aux Biques » pour y admirer ces habitats et caves troglodytiques creusés dans la roche. Et en faire de même pour le pont gothique (XIIe-XIIIe siècle.)

Lavardin - Eglise Saint Genest Peinture murale © Archives départementales de Loir-et-Cher
Église Saint-Genest © Daniel Jolivet

Avant de quitter ce petit village pittoresque, une dernière visite à la cave des vierges creusait sur deux étages et qui daterait du moyen-âge. Cave troglodytique où il était possible d’habiter, et équipée d’une cheminée, d’un silo à grain et d’un oratoire.
Le temps d’une pause dans notre itinéraire s’impose, avant “d’attaquer” la seconde partie. Dans les alentours de Lavardin, se trouvent différentes possibilités d’hébergements qui vont du camping, aux chambres d’hôtes, en passant par les chambres d’hôtel et les gîtes où vous reposer, et être en pleine forme pour nos prochaines visites.

à suivre... en musique, s’il vous plait :

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