MODE

Savez vous qui fabrique vos vêtements ?

La Fashion Revolution est un collectif prônant plus de transparence et d’éthique dans la mode. En France, contrairement à l’alimentaire, il n’y a aucune obligation à afficher l’origine de la fabrication. Qu’y a-t-il derrière une chemise achetée chez Zara, une paire de baskets dégotée chez Kiabi ou un survêtement soldé chez Decathlon ? L’industrie de la mode est devenue la 2ème plus polluante au monde et réserve à sa main d’oeuvre des conditions de travail désastreuses. Les enseignes de la grande distribution et les grandes entreprises du textile ont délocalisé leurs usines de production dans des pays principalement d’Asie du sud-est où la main d’œuvre y est abondante et peu chère. Un ouvrier gagne 85€ par mois. La Chine, où le pouvoir d’achat augmente lentement mais surement, a également commencé à délocaliser en Afrique, les ouvriers Ethiopiens gagnent environ 14€ par mois.
La pandémie de COVID-19 a mis en lumière de manière brutale la précarité extrême des ouvriers et ouvrières de l’habillement, dont les conditions de survie, en l’absence de systèmes nationaux de protection sociale, sont étroitement liées aux fluctuations de l’économie – et au comportement des multinationales. Au Bangladesh comme ailleurs dans le monde, ils sont des milliers à avoir perdu en quelques jours travail et moyens de subsistance. (*)

Cette nuit j’ai fait un rêve ….
Nous étions en Avril 2023, 3 ans après cet épisode terrible du COVID19, c’était la semaine de la Fashion Révolution, et nous faisions un micro-trottoir pour sensibiliser les passants à une mode plus responsable.
Yves, caméra au poing, repérait des passants, hommes, femmes, jeunes adultes, un peu plus seniors ... Et nous leurs posions notre 1ère question :
« Nous sommes le 24 Avril, à quoi vous fait penser cette date ? »
Les réponses étaient assez variées : « La Saint Fidèle ? », « L’anniversaire de ma cousine ? », « C’est lundi c’est tout ce que je sais ! », « La fin des vacances de Pâques ?! … ».

Bon cela commençait assez mal. Non c’est le 10e anniversaire de la catastrophe du RANA PLAZA, à Dhaka au Bangladesh (24 avril 2013). Ce tragique accident qui a causé la mort de 1 138 personnes et fait plus de 2 500 blessés, lors de l’effondrement des ateliers de confection textile œuvrant pour des marques internationales. Chaque année, à la date de commémoration du Rana Plaza, le FASHION REVOLUTION DAY est célébré dans plus de 130 pays.
En 2020, la Fashion Revolution se concentre sur le thème “Consommation de masse : la fin d’une ère” et continue de mettre l’accent sur les facteurs intersectoriels qui façonnent l’avenir de la mode : l’importance du travail équitable et décent, la protection de l’environnement et l’égalité des sexes.
Ce mouvement propose aux consommateur.rice.s d’interroger leurs marques sur l’histoire des vêtements qu’ils portent et d’exiger de la transparence. Il incite ceux.celles qui aiment et consomment la mode à se demander qui a fait leurs vêtements, à imaginer le chemin qu’ils ont suivi depuis le cultivateur de la matière première, jusqu’au confectionneur et au distributeur en passant par le filateur, le tisseur et l’ennoblisseur.
#WhoMadeMyClothes
#IMadeYourClothes


- A la question Qui Fabrique Vos Vêtements ?

Nike fabrique les maillots de l’Equipe de France de Football en Thaïlande ! Il est vrai que la marge financière obtenu ne sera pas la même 😉 Thaïlande 1 France 0 !
- 
Beaucoup de blogueuses et blogueurs ont fait du #FrenchWashing un art dans leur communication, confondant volontairement ou pas, imprimer en France et Fabriquer en France.

Qui fabrique vos vêtements ?

Comme exemple, il existe encore des fabricants Français avec un savoir-faire historique, comme l’usine Collégien, à Briatexte, un petit village du sud-ouest de la France, fabricant de chaussette et chausson. C’est pas comme si les solutions n’existaient pas !

Véro de la Manufacture Regain et Chaussettes Collégien depuis 1947

Pour en savoir plus : fashionrevolution.org

Dans son édito du rapport annuel de l’Union des Industries Textiles 2018-2019, Yves Dubief, le président, rappelle que « la consommation française de textile-habillement est en berne », et Bruno Labaye, de la division Industrie et agriculture de l’INSEE écrivait dans son rapport d’octobre 2018 « L’industrie textile représente aujourd’hui 2 % de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière en France et emploie 103 000 salariés. En vingt ans, elle a perdu les deux tiers de ses effectifs et plus de la moitié de sa production. Désormais, la France importe massivement des produits « textiles », surtout des vêtements et des chaussures, dont la moitié provient d’Asie et un tiers d’Europe ».
▶️Rapport UIT : Rapport de l’IUT
▶️INSEE : Rapport 2018

Dans un article de fin novembre 2016 (pas trouvé plus récent) suite au salon du MIF - Expo Porte de Versailles, le MONDE titrait que moins d’un vêtement sur dix acheté en France est de fabrication française (et si ce ratio passait à un sur trois, ce sont 160 000 emplois directs qui seraient créés dans la filière textile).
▶️Acheter Made in France : quel impact sur l’emploi ?

Pour aller plus loin :
Pour aller au-delà de l’étiquetage « Made in France » sur le textile, la DGE, Direction Générale des Entreprises, a contribué à la création du label « France Terre textile », lancé fin 2016. Il se veut une alternative à la simple mention « made in France », en garantissant au consommateur de manière plus fiable et lisible l’origine du produit. Ce label est la réponse aux consommateurs las des marques sans réel lien avec les régions auxquelles elles réfèrent, souvent issues des purs fantasmes marketing. Il rétablit la transparence au cœur de la proposition commerciale : en garantissant que chaque produit labellisé a subi au moins 75% des étapes de fabrication dans l’Aire Géographique de Référence, au sein de Manufactures agréées. C’est aussi un coup de projecteur sur les industriels qui font le choix de maintenir leur outil de production dans leur région, qui se battent pour préserver les emplois localement.
Source : DGE (Direction Général des Entreprises)
Secteur de l’industrie Textile
avec L’union des industries textiles (UIT) très occupé en ce moment à regrouper la fabrication de masques et vêtements de protection pour nos personnels soignants.

▶️Union des Industries Textiles
▶️Label France Terre Textile

« continuons notre rêve »
Nous enchainions sur notre 2ème question :
« Savez-vous où sont fabriqués les vêtements que vous portez aujourd’hui ? »
Et là, illumination de chaque visage, et des réponses commençant toujours de la même manière :
« Oui bien sûr, je ne porte que du Made in France ! …. » « … mon tee-shirt est fabriqué près de Troyes, avec du lin 100% français, c’est la marque Splice. Vous connaissez ? », « … mon jean ? C‘est un DAO DAVY bien sûr, une marque de Nancy ! », « …Je ne porte que des pulls Saint James, celui-ci est une collection faite pour Le Slip Français », « …Je suis particulièrement fière de mes chaussettes fabriquées dans le Tarn par Collégien, une belle entreprise familiale du Tarn », « …Mes chaussures viennent de la cité de la chaussure à Romans !! ».

Nous étions estomaqués ! mais que c’était-il passé ? Nous avions bien entendu parler de souveraineté nationale, de relance de l’industrie du textile en France, d’explosion du Made in France, de prise de conscience, du « printemps du made in France » … Mais à ce point ! Un zéro faute, tout le monde, sans aucune exception, portait des vêtements fabriqués en France.
Aurons-nous dormi, nous les ambassadeurs du Made in France, pendant ces 3 années, pour être passés à côté de cette révolution du textile ?
Et puis le réveil a sonné. « Bonjour, il est 7h, le soleil brillera sur la France aujourd’hui, nous sommes le 24 Avril 2020 et c’est la Fashion Revolution ».
Mais si ce rêve devenait une réalité ?

Dans notre rêve nous étions à 10 vêtements sur 10. Il serait surement trop ambitieux de vouloir multiplier directement ce ratio par 10, mais nous avons la possibilité de le multiplier par 2 puis par 3, par 4, par 5 ….
Fashion Revolution : Soyons curieux, trouvons, agissons, consommons moins mais consommons français, consommons local.
Delphine

L’industrie de la chaussure n’est pas en reste, c’est le même modèle économique : et le monde ressemble toujours à ça :

Si l’Italie concentre tous les ateliers de cordonnerie luxueuse, 87% des millions de paires de chaussures vendues chaque année proviennent d’Asie. La Chine est en effet le premier producteur mondial, puisque près de deux tiers des souliers y ont été conçus. 40% des chaussures en cuir sont également de facture chinoise. Ces statistiques en apparence flatteuses à l’égard de l’industrie chinoise, ne repose pas sur un savoir faire ancestral en matière de cordonnerie mais sur l’absence d’un code de travail digne des Droits Humains élémentaires. Mr Mondialisation

Nous vous invitons à lire et suivre les chaussettes orphelines de Marcia de Carvalho : Mode et Mondialisation - Pourquoi faut-il consommer local

(*) Source Collectif de l’Ethique sur l’étiquette et Fondation Good Planet

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