HUMOUR

Journée internationale des droits des Femmes

Bienvenue au pays des inégalités et du patriarcat.

Hier, c’était donc le 8 mars, le jour de l’année pour enfin offrir des fleurs 💐, un bijou, un plat à tarte ou un lave linge séchant d’une capacité de 9kg aux femmes du monde entier ! Et NON, Messieurs Dames (*), ce n’est pas ou plus une fête commerciale, "la journée de la femme" n’existe pas, c’est la journée internationale des DROITS des FEMMES. Le droit d’être respectée, pas d’être soumise ni violentée, d’être considérée comme égale aux hommes. On a bien conscience que dans beaucoup de pays le chemin est encore long, principalement en cause, inutile de se voiler la face, la religion. Je vois votre réaction d’ici : "Oh my god" il ose ! Pour rappel, ce doit être l’interjection la plus utilisée dans l’industrie du porno, dont les films dépassent le nombre de vue des clips musicaux où l’image de la femme y est souvent dénudée, surement un combat féministe dont on n’a pas encore saisi la portée. La pudibonderie américaine dans toute sa splendeur. #OnDisça...
En reprenant les médias d’hier, mise à part quelques sites devenus rose ou quelques promotions pour ménagères fashion victimes (*), le sujet portait surtout sur l’origine du mouvement féministe et de cette journée du 8 mars qui débute vers 1900. L’histoire démarre en 1893, en Nouvelle Zélande, premier pays à accorder aux femmes le droit de vote au niveau national. En France, ce sera seulement le 21 avril 1944 que Charles De Gaulle signera l’ordonnance accordant le droit de vote aux femmes, soit 155 ans après notre belle Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. La France en retard ? Pourtant, en 1791, Olympe de Gouges, une bourgeoise cultivée, écrivaine dramaturge et femme de théâtre, plaidant également pour l’abolitionnisme et le mariage civile, acceptant le principe du divorce, présente à l’Assemblée législative, non sans ironie, la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Elle est également à l’origine de la création des maternités. Mais quelle femme ! Elle écrivait : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » Du coup, ils lui ont coupé la tête en 1793.

Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne - Olympe de Gouges 1791

Mais non, vous ne rêvez pas, la France était bien en avance sur le sujet de l’égalité. Depuis, comme beaucoup de chose, nous avons pris du retard. La culture de l’escargot surement. En Angleterre, le mouvement des suffragettes est né en 1903. Celles-ci n’obtiendront le droit de vote qu’en 1918 à partir de l’âge de 30 ans, et comme les hommes, à partir de 21 ans uniquement en 1928. En 1909, la première « National Woman’s Day » a lieu aux Etats Unis à l’appel du Parti socialiste. En 1910, à l’initiative de la journaliste et enseignante allemande Clara Zetkin rassemblant 100 femmes socialistes de 17 pays, l’idée d’une « Journée internationale des femmes » est adoptée. Rejoint ensuite par le mouvement ouvrier, la lutte des femmes travailleuses va se développer à l’initiative des partis socialistes et communistes, mais les changements vont se faire lentement, dus principalement aux deux guerres mondiales.

La Femme nouvelle, mouvement féministe créé en 1936 par la journaliste Louise Weiss.

En France, après le droit de vote acté en 1945, il faudra attendre La loi de réforme des régimes matrimoniaux en 1965 pour que les femmes soient autorisées à exercer une activité professionnelle sans l’autorisation de leur mari. Désormais, elles peuvent également ouvrir un compte en banque. S’en suivra, en 1967, la loi Neuwirth autorisant les contraceptifs, appliquée à partir de 1972 seulement, la pilule sera délivrée sans autorisation parentale en 1974 ; en 1970 la disparition de la notion de chef de famille : on parle désormais d’autorité parentale. En 1975, après le combat sans relâche d’Yvette Roudy, Simone de Beauvoir et l’avocate Gisèle Halimi depuis la parution du « manifeste des 343 » en 1971, et suite au discours historique de Simone Veil à l’Assemblée Nationale, la loi Veil légalise l’interruption volontaire de grossesse. Cette année-là, Valéry Giscard d’Estaing instaure le divorce par consentement mutuel et la mixité scolaire devient obligatoire. En 1977, les Nations Unies officialisent la Journée internationale des droits des femmes. En 1981, Yvette Roudy à la tête du premier ministère des Droits de la femme, instaure la loi sur le viol devenu un crime passible de 15 à 20 ans d’emprisonnement. La Cour de cassation reconnaît le viol entre époux en 1990. Les évolutions ont continué chaque année : le 8 mars 2012, L’Oréal lance son slogan "nous le valons bien"... à noter surtout La loi du 6 août 2012 redéfinissant le harcèlement sexuel et le condamnant également en entreprise. Mais le combat n’est pas fini ! Bravo Mesdames ! Les droits des femmes sont des droits humains !
(*) certaines n’ont pas encore compris, qu’avoir une carte bancaire, c’est très récent, et grâce au combat de ces "féministes".
.

Mais revenons à nos moutons, même si un survol historique nous paraissait indispensable :

L’humour au féminin, ça déménage !

L’humour est une arme, on le sait bien ! Alors, nous avons choisi de dégainer avec des humoristes, artistes et comédiennes, d’ancienne cadre, juriste ou avocate reconvertie, devenues des orfèvres en la matière, troublionnes incontestées maniant la langue française et les jeux de mots avec fougue !
Vous vous imaginez peut être que "Féministe" ne rime pas avec "être féminine" ? Détrompez vous :
.

- On commence par Olivia Moore - après 13 ans d’un travail normal dans les ressources humaines et le marketing pour des grands groupes. Et 3 enfants. Et un mari. En 2011, elle décide de tout gâcher en devenant humoriste. Olivia démarre son premier spectacle très personnel « Mère indigne » enchainant sur un livre « Sois Mère et tais toi », puis par désespoir et culpabilité écrit son best seller «  culpafuck  » manifeste anti-culpabilité pour se sentir moins merdique, à ranger dans votre bibliothèque dans le rayon bien-être & santé voir même dans celui du développement personnel. Après un énième burnout lié à sa surcharge mentale, elle démarre son nouveau spectacle «  Égoïste  » à la recherche du grand amour, qu’elle a fini par trouver... c’est moi ! Enfin elle !
Olivia Féministe ? Promis, on lui pose la question dès que possible, mais la réponse est dans la vidéo suivante : Être une femme c’est pas nul, mais parfois c’est vraiment pourri ! si vous voulez vous faire une idée et en rire 💃 Forza !

.

"Pour briser la clôture où l’enferme l’homme, la femme doit aussi dénoncer l’image d’elle-même qu’il lui renvoie." Gisèle Halimi

.

- Caroline Vigneaux, ex-avocate reconvertie elle aussi en humoriste depuis dix ans, est une véritable show-girl. La scène est un vrai défouloir pour la jolie blonde qui plaide avec fougue souvent avec les mains tout en faisant des grimaces : tant pis pour le barreau, ils ne savent pas ce qu’ils ont perdu ! Elle a bien compris qu’on a qu’une seule vie, et qu’il faut aimer ! Ne croyez pas que c’est juste du standup, son dernier spectacle dédié à la cause Féministe décoiffe : Le fil rouge de l’histoire remonte aux origines "dominées par l’homme depuis deux mille ans à cause d’une légende de deux culs nus qui ont bouffé une pomme "

.
Non seulement Caroline nous raconte l’histoire de la condition des femmes depuis Adam et Eve, en parsemant son spectacle d’anecdotes historiques, de moments oups criant de vérité ou des aberrations du code civil (art.213) jubilatoires à se retourner sur son siège, en citant son modèle, l’avocate et militante féministe Gisèle Halimi, mais elle sait être trash à bon escient. Palpitante !
.

.

"La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente." Françoise Giroud

.

- Antonia de Rendinger est une bête de scène, de corps et d’esprit ! Une maîtrise de lettres modernes et une en ethnologie puis un DEA de sociologie en poche elle se lance dans le grand bain. Après Itinéraire d’une enfant ratée, Travail, Famille, Poterie Antonia se cherche… et Moi jeu ! différentes émissions, la première partie de Dany Boon... elle revient avec son nouveau one-woman-show Antonia pose les fondations avec une variété de personnages internationaux tous plus loufoques les uns que les autres. Si quelques sketchs sont déjà en ligne, nous avons choisi le parti de vous faire rire, mesdames, avec celui de l’épilation. Encore une inégalité homme-femme, que vous serez seules à apprécier, surtout avant un rendez-vous décroché au dernier moment sur meestic :

.

Pour conclure cet article, on aurait pu inclure d’autres sketchs, mais la journée de sélection fut compliqué tellement on a ri ; on pourrait écrire des lignes et d’autres lignes (formant des phrases) sur d’autres humoristes, comme Anne Roumanoff, Anne-Sophie Bajon, dit la Bajon, ou Blanche Gardin, mais gardons en pour plus tard. Elles aussi, sont engagées dans un combat féministe, chacune à leur manière, avec leur humour, tantôt provocateur, parfois trash, pour ne pas dire un tantinet vulgaire, graveleuse pour la bonne cause, racontant quelques reflets de société ou d’histoires personnelles, elles sont justes magiques, extraordinaires, phénoménales, belles... mais l’idée est bien de faire passer des messages, de transmettre, de vous faire réfléchir, non ? Notre monde est stupéfiant et mal barré, et ça nous fait saigner du nez, des yeux et des oreilles. Et si on arrêtait de s’en foutre ? Et si on passait à l’action ?
😁😉🙏

Anne Roumanoff, Anne-Sophie Bajon et Blanche Gardin

.

"Je crois que l’engagement, pas seulement féministe mais l’engagement à part entière, permet de durer. Ne vous résignez jamais." Gisèle Halimi

.
#RegardeMoiBien : fini l’indifférence envers les femmes !
L’initiative #RegardeMoiBien entend lutter contre l’indifférence dont trop de femmes sont encore victimes, notamment face à leurs témoignages et leurs revendications. Un mouvement lancé par la Fondation des Femmes, qui va continuer tout au long de l’année.
Un manifeste du mouvement est proposé à la signature sur le site de la Fondation des Femmes. Toutes les personnes qui s’engagent dans ce mouvement reçoivent ensuite des informations exclusives et doivent relayer le message afin d’apporter leur pierre à l’édifice de l’éveil des consciences.
Un spot de sensibilisation est diffusé sur les chaînes de télévisions nationales afin de braquer le projecteur sur les revendications féminines. Le clip #RegardeMoiBien de la campagne fait intervenir, entre autres, Julie Gayet, Nadège Beausson-Diagne, Muriel Robin, Garance Marillier, Anna Mouglalis, mais aussi des héroïnes du quotidien, des sages-femmes, infirmières...

Musique Yael Naim.
Pour agir efficacement contre les violences et faire respecter les droits des femmes, nous avons besoin de vous. Signez le manifeste ou faites un don : FondationdesFemmes.org

.

Une petite dernière pour vous dire qu’il y a encore du chemin à parcourir ! Sur Wikipédia, ressource non négligeable depuis la fin des encyclopédies :

Wikipedia - Gender gap -8 mars 2021

Wikipédia héberge 1.7 million de biographie, mais moins de 20% sont sur des femmes !
.
A très vite les frenchies 😉

vers l’article précédent : NOS HUMORISTES PREFERES

Vous avez aimé ? Partager !