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Le frenchwashing serait-il (déjà) de retour ?...

Make French Days FRENCH again ! La fin des French Days a sonné.

Le frenchwashing (Franco-lavage) serait-il (déjà) de retour ?
Nous sommes heureux de constater que la production française s’impose comme un argument de vente de plus en plus convaincant en France et l’étranger.
Après les deux mois difficiles que nous venons de passer et ceux à venir encore plus difficiles pour les entreprises qui doivent se relancer, le patriotisme économique est de mise, et le made in France constitue un bel argument de vente.
Mais en l’absence de définition claire du concept made in France, il faut encore malheureusement rester prudent quant à l’utilisation de LA MARQUE FRANCE, qui reste parfois (et trop souvent à notre gout) abusive.
Il est vrai que les initiatives se sont multipliées pour nous aider à y voir plus clair comme par exemple la certification « Origine France Garantie » lancé par Yves Jego, ou le label EPV « Entreprise du patrimoine vivant » . Mais ces initiatives ont un coût (financier et en temps) que toutes les entreprises, en particulier les plus petites qui se lancent, ne peuvent pas se permettre tout de suite. Mais c’est un autre sujet.
Certaines entreprises jouent parfaitement le jeu de la transparence et de la traçabilité mais d’autres entreprises profitent du flou relatif qui demeure au détriment des producteurs de bonne volonté, et surtout de la crédibilité du concept.

Le FrenchWashing, (le franco-lavage) qu’est-ce que c’est ?

À la façon de ces entreprises qui pensent pouvoir nous berner en nous présentant un message promotionnel « Vert » sans aucune réalité tangible derrière, certaines entreprises surfent sur la vague du patriotisme économique en affichant du « made in France » étonnant, voire douteux.
« Le « frenchwashing » est au « made in France »ce que l’écoblanchiment est à l’écologie » (GreenWashing, Localwashing...). C’est jouer sur les mots et créer volontairement de la confusion pour faire croire à un achat fabriqué en France alors qu’il ne l’est pas.
C’est une tromperie du consommateur, un coup bas aux entreprises françaises qui ont véritablement pris le pari de la production locale, se battent pour conserver les emplois en France et continuent de faire vivre les savoir-faire nationaux contemporains, et traditionnels.
Extraits de l’article d’Agoravox qui date de 2012 mais la situation ne s’est pas améliorée significativement depuis : www.agoravox.fr
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Les French Days auraient-ils un goût de frenchwashing ?

Les French Days sont des périodes marketing qui ont lieu au printemps et à l’automne, où on nous demande d’être fiers d’être Français grâce à ce concept lancé par un cluster de six grandes entreprises françaises du e-commerce (CDiscount, Rue du Commerce, Showroomprivé, La Redoute, Boulanger et Fnac Darty) pour proposer une alternative française au Black Friday américain. Depuis le lancement ils ont été rejoint par Amazon, Samsung, Apple, Oasic, Birkenstock, BMW, Canon, Harry Potter, Desigual ... il est précisé que c’est un événement franco-français (?) ! Le concept annonce clairement (sur son site mais encore faut-il le savoir) qu’il n’a rien à voir avec une quelconque mise en avant du "made in France". La preuve :

www.frenchdays.org

Le Black Friday "à la française", où comment jouer sur les mots.
Mais quel rapport avec des promotions "Fabriqué en France" ?

Cette année, contexte particulier dû au coronavirus, les French Days de printemps qui se déroulent d’habitude fin avril ont été repoussé d’un mois (ils ont eu lieu du 27 Mai au 2 juin) et les entreprises concernées ont décidé d’en profiter pour mettre en avant le « Made in France ». Cocorico !
Malheureusement nous trouvons que cette double communication prêtait à confusion. Déjà que pour beaucoup ce n’est pas toujours très clair (made in France, entreprise française, fabriqué en France, conçu en France…), mais lors d’accroche marketing comme celle des French Days, on peut s’y perdre carrément. Ce week-end nous avons reçu des interrogations de nos lecteurs concernant les french days « Ça m’étonne quand même que du made in France soit vendu avec de telles ristournes. Vous en pensez-quoi ? ».
Nous faisons partie de cette minorité qui baignant dans la défense du « made in France  » depuis des années, sommes quasiment incollables sur le décryptage des étiquettes et des messages publicitaires. Nous sommes très vigilants et constamment sur le qui-vive, du coup, certains messages marketing nous agacent. Prenons par exemple le mailing envoyé le 31 Mai par La Redoute. Le titre « C’est fabriqué en France ». La page d’accueil annonce
« Profitez des French Days pour acheter français »
« French Days : le Made in France est à l’honneur »
• « French Days jusqu’à -60% sur la mode et la maison »
• « Vous aussi, vous aimez acheter français ? Nouvelle manière de consommer ou habitudes ancrées depuis des années, vous faites partie de la team ! Ahhhh… Ça nous rend fiers, ça nous rend confiants & ça nous donne envie de clamer haut et fort : vive la french’ touch !”.

French Days by La Redoute

On se laisserait presque séduire. Et notre cerveau associe deux informations pourtant indépendantes « French days jusqu‘à -60% » et le « C’est fabriqué en France ». Notre curiosité nous a poussé à cliquer sur quelques catégories.

▶️ Vêtement femme : 72 articles, 43 en promotion « french days », 15 marques. On découvre que Hartford, IKKS, Ralph Lauren produiraient en France. Ce qui nous étonne c’est que sur une centaine d’articles de chacune de ses 3 marques proposés sur le site de la Redoute seulement 1 est fabriqué en France.

▶️ Meubles : 571 articles, 8 marques. L’ensemble des meubles de la marque AM.PM est annoncé fabriqué en France. En faisant quelques recherches, il semble qu’effectivement 100% de la conception soit française. Mais qu’entendons nous par conception ?!

▶️ Jouets : 273 articles, aucun en promotion, 15 marques. Nous retrouvons les marques dont nous vous avons parlé dans notre article dédié aux jouets français (SentoSphère, Ecoiffier, JeuJura, Bioviva).

Bon malgré cela, La Redoute joue quand même figure de très bonne élève comme le souligne MIF360 dans son étude des portails e-commerce qui ont affiché des French Days le week-end dernier : Etude French Days MiF360 , la plupart des sites affiche une boutique dédiée au Made in France et ça c’est plutôt une bonne nouvelle, sauf que tous ne peuvent pas le faire, Samsung et Apple en tête !

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En conclusion, s’il vous plait Messieurs Mesdames des géants du e-commerce, arrêtez de jouer avec la naïveté de vos clients, avançons tous dans le même sens et faisons passer un message clair :

  1. 1. Ce sont les french Days et vous en profitez pour destocker ou faire des promotions de produits d’origine diverses ! Aucun soucis !
  2. 2. Vous avez créer un espace sur votre site dédié aux produits fabriqués en France (parce que nous avons envie de vous faire entièrement confiance, vous les géants vous pouvez montrer l’exemple pour soutenir l’économie française ).
  3. 3. Pourquoi choisir des codes visuels Bleu Blanc Rouge (+ le coq) pour les "French Days" accentuant volontairement le doute sur des produits Made in France !

Dans l’attente d’une véritable législation sur l’utilisation du Made in France, on aimerait que la promesse de soutenir les entreprises Françaises ne soit pas uniquement là pour « habiller la mariée ».

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On vous invite également à lire les astuces de FrenchDoes pour éviter le #FrenchWashing dans la mode : « FrenchDoes - Mode in France EcoResponsable »

En savoir plus sur le marquage « Made In »

Sur sa page dédiée au marque d’origine des produits – marquage « made in » (https://www.entreprises.gouv.fr/libre-circulation-marchandises/marquage-dorigine-des-produits-marquage-made-in ) la direction des entreprises (DGE) rappelle qu’il n’existe pas en France d’obligation légale ou réglementaire imposant le marquage d’origine des produits fabriqués dans l’Union européenne ou importés, à l’exception de quelques produits (certains produits agricoles ou alimentaires...).
« Le marquage d’origine est donc, sauf exceptions, facultatif et volontaire. Il est effectué sous la seule responsabilité du fabricant ou de l’importateur. Attention, toute indication d’une mention fausse ou de nature à induire le consommateur en erreur quant à la provenance d’un produit constitue une infraction. Le code de la consommation prévoit que la mention d’origine doit toujours pouvoir être justifiée ».
Le guide « Fabriqué en France » , très détaillé sur les caractéristiques (modalités de contrôles, spécifications des cahiers des charges) des principaux labels tels que « Origine France Garantie », « Indications géographiques », « Entreprise du patrimoine vivant », « Terre textile » ou « Produit en Bretagne » et rappelant les objectifs des mentions comme « Je joue Français » et « Esprits de Thiers ») et à destination des professionnels est d’ailleurs en libre téléchargement sur le site (www.entreprises.gouv.fr )

Le guide Fabriqué en France de la DGE

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