ACTU

Faut il acheter vos masques sur internet ou les fabriquer soi-même ?

[ACTU]
Les masques anti-postillons ne sont pas encore obligatoires mais fortement conseillés pour se déplacer ; la facilité est d’acheter sur internet ! STOP ! Vous avez surement tous reçu des spams, autres pourriels et courriels indésirables dans vos messageries, (*) avec des liens miroirs vous proposant des masques FFP2 anti covid-19 coronavirus venant même de site marchand reconnu (normalement tous supprimés) ! Un seul réflexe, ne cliquez pas, n’achetez pas ! Pour rappel, les masques FFP2 & FFP3 sont réservés exclusivement aux personnels de santé et aux personnes atteintes par le Coronavirus. Ils ont d’ailleurs été réquisitionnés par le gouvernement (décret du 3 mars 2020). Ne vous laissez pas avoir par toutes les arnaques du web, la plupart des masques dit barrières sont distribués gratuitement, mais si vraiment le clic vous démange, vérifier que vous achetez un masque de type NF EN 14683, conforme à la norme française et européenne, un des seuls efficaces si ce n’est pas une contrefaçon.

Dans la lutte contre le coronavirus, il y avait au départ plus de 170 ateliers d’artisans et d’industriels Français qui s’étaient mobilisés spontanément pour fabriquer plus d’un million de masque par semaine - aujourd’hui ils sont plus de 600 pour une production de 850000 par jour, soit cette semaine 6,6 millions de masques (***), mais ils réservent leur production principalement à nos soignants et aux personnes en seconde ligne.

Alors, comment faire pour fabriquer un masque "alternatif" ou "de fortune".

L’Association française de normalisation (Afnor), qui gère les normes et les certifications en France, a mis à disposition du grand public le guide éditer pour les professionnels afin de faciliter et d’accélérer la fabrication en série ou artisanale du masque, dit « masque barrière ». Celui-ci vise à protéger la population saine, en complément des indispensables gestes barrières face au Coronavirus. Des industriels, des artisans, des particuliers adeptes du « do it yourself » ont commencé à confectionner ces masques alternatifs à partir du cahier des charges AFNOR Spec ; Dans un cadre solidaire, ils s’engagent également à en faire don ou mise à disposition à prix coûtant, pour acheter les matières premières. Mais il n’est pas toujours simple d’en trouver. Sinon, il reste la débrouille, à la guerre comme à la guerre disaient nos anciens, et la solution est peut être de fabriquer son propre masque avec les moyens du bord. L’idéal est quand même de suivre les recommandations Spec S76-001 pour réaliser vos masques barrières. Voici le patron téléchargeable sur le site de l’AFNOR
masques-barrières.afnor.org

Patron Masque Barrière - AFNOR

Le Parisien du mercredi 8 avril a mis également dans ses pages un mode d’emploi

Comment faire un masque - Le Parisien - 8 avril 2020

Quand à utiliser un simple bout de tissu, un soutient gorge ou un vieux jeans que vous ne mettez plus, et faire un atelier couture avec vos enfants histoire de les occuper pendant le confinement, ce n’est pas aussi simple, le Docteur Garrigue du CHU de Lille rappelle qu’un masque, mal utilisé, peut être dangereux. "Ce n’est pas en multipliant les épaisseurs de tissu que ça marche, il faut des tissus extrêmement fins, homologués, et on voit bien en les ayant testés que selon le sens dans lequel on les assemble, la filtration n’est pas identique", "Il ne faut pas penser qu’on a l’équivalent d’un masque chirurgical, se mettre une chaussette devant le nez ferait le même effet".** Il existe donc des tissus adaptés. Certains vous diront qu’un bout de tissus sera mieux que rien, mais une écharpe ou un bandana ne filtrent que les poussières ou le pollen par exemple, pas les virus qui sont des micro-organismes microscopiques.
Depuis le 20 mars 2020, le collectif « des Masques en Nord » avec le concours des Tissages de Charlieu a mis en place dans la Métropole Lilloise une unité de production du modèle déposé de masque tissu de type anti-projection et conçu sous la dénomination de GARRIDOU®. Ce masque ne peut faire l’objet d’aucune démarche commerciale. Il doit être distribué à prix coûtant aux soignants, ou dans le cadre d’un mécénat public ou privé.

Si vous habitez Paris dans le 19ème, vous pouvez vous rendre chez OBag.fr qui habituellement conçoit de sublimes poches pour habiller vos cubis de vins et autres outres, mais par élan de solidarité le petit atelier a mis ses talents de couturière pour ne fabriquer que les précieux masques tant convoités. N’hésitez pas à participer aux frais de production comme l’équipe d’OBAG le précise sur sa page facebook, la participation est libre, l’atelier est déjà en grande difficulté économique, mais n’en parle pas par pudeur. "Les gens donnent ce qu’ils peuvent dans ce quartier populaire de Belleville". Les couturières produisent deux types et deux tailles de masques, pour grands et petits, qui répondent à des caractéristiques précises de respirabilité et de filtration (70 % des particules de 3 microns). Ce n’est en aucun cas un masque chirurgical ni de type FFP2.

Masques de protection alternatif Obag

La créatrice d’Obag, Florence Obadia que nous avons eu au téléphone ce matin, demande aux gens d’être patient, hier une queue d’une cinquantaine de personne était devant l’atelier alors que sa toute petite équipe ne peut fabriquer que 200 masques par jour pour le moment.

Prenez soin de vous et restez chez vous !

* mails étant souvent un abus marketing à hameçonnage de nature cybercriminelle
** Propos recueillis par Sophie Morlans pour France Bleu Nord.
*** Source Matthieu Guinebault / Fashionetwork / Comité stratégique de filière (CSF) avec la Direction Générale des Entreprises, IFTH, UFIMH, UIT France.

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