ACTU

Et si on achetait les masques de nos couturières ?

Résolution n°6 : J’achète un masque fait en France par une couturière locale.
La course aux masques se transforme en anarchie et met à mal la solidarité des Français. C’est devenu du grand n’importe quoi ! Entre les couturières qui se mobilisent pour refuser tout appel de travail bénévole pour la confection de masques ou blouses, et l’affluence des masques en grandes surfaces venus de Chine ! On a juste l’impression que le jour d’après va ressembler au jour d’avant, où le mot "travail" n’est pas reconnu, où l’uberisation est la norme, la précarité devenue banale, où on compte sur la résilience et le bénévolat de certains, où les Français en répondant aux sondages sont prêts à consommer local et Made in France à plus de 80%, mais dans la réalité se bousculent pour acheter des masques Made in China, disponible en supermarché mais pas en pharmacie, préférant les produits jetables aux produits réutilisables, lavables et recyclables, où le soutien à nos entreprises et artisans en grande difficulté financière n’est qu’un vain souhait, mais inexistant dans les actes ! Dans les médias, on met en valeur les actes de solidarité, de dévouement, de génération solidaire... mais combien sont vraiment concernés ? 5 à 10% de la population au grand maximum ? Et tout le monde s’en fout !

Depuis notre premier article sur « La mode française se mobilise », les initiatives pour fabriquer des masques permanents en tissu innovant n’ont cessé de se développer.
Les grandes maisons de luxe, les entreprises de la mode, les entreprises possédant du tissu et des machines, le petit artisan retoucheur de votre quartier, votre voisine … Tout le monde a uni ses forces et son énergie pour fabriquer des masques et les mettre à disposition du personnel soignant, des personnes en première ligne, et de nous tous. Fin avril 390 prototypes proposés par 242 entreprises ont été homologués par la Direction Générale de l’Armement. Ils ont normalement leur petit logo tricolore :

Les belles histoires se multiplient, avec beaucoup de stress et de fatigue pour ceux qui travaillent d’arrache-pied pour nous proposer des masques …
Par exemple, Chouballon, entreprise de chaussons installée en Bretagne, en plus de ses productions habituelles fait également des masques qui ont un tel succès que leur messagerie est saturée et leur site tombe régulièrement, mais chaque matin ils sont au rendez-vous pour mettre en ligne de nouveaux masques.
ou encore les ateliers d’Espadrille Payotte ou les marques de mode De Buchy Paris, Missegle, DAO Davy, 1083, l’atelier Tuffery, les ateliers Peyrache, l’atelier Romille, également Obag et La Nappe Française qui continuent à distribuer leur masque GRATUITEMENT (mais une petite participation serait la bienvenue, ne serait ce que pour payer les tissus et les heures travaillées)... ils sont des centaines voir des milliers. Nous essaierons de les lister tous en fin d’article (*) (et on compte sur vous pour la compléter).

On pense aussi à toutes les grandes industries et entreprises de la filière mode et luxe mobilisées au sein du groupement « SAVOIR FAIRE ENSEMBLE » pour fabriquer les produits essentiels dans la lutte contre le covid 19. On pense à Balas Textile, au Textile du Maine, à la Manufacture Regain, les Tissages de Charlieu, France Manufacture, au Pôle Textile Alsace qui vient de regrouper Six entrepreneurs alsaciens associés pour créer la SAS Barral (Barrière Alsace)...Et près de Bordeaux, il a suffi de 3 jours à Libero Mazzone, pour créer 260 EMPLOIS en 1 mois et produire entre 20 et 30 000 pièces par jour. Certains n’avaient jamais vu une machine à coudre, "l’état d’esprit est exceptionnel !". Ils produisent 5,3M avec 250 entreprises textiles et 560 ateliers de confection.

www.savoirfaireensemble.fr

A quelques jours de la date tant attendue de début du déconfinement, la tension monte. Il nous faut des masques !
On se pose des questions … jetable, lavable ? Lavable 5 fois, 10 fois, 30 fois ? Et quel tissu ? Où en trouver ?!
Vous pouvez passer à la pharmacie. Seulement votre pharmacien continue à distribuer gratuitement les masques qu’il reçoit, dans des quantités restreintes, aux professionnels de santé. Certains mettent en place la vente de ces masques alternatifs en tissu fabriqués par les artisans français.
D’ailleurs cette pharmacienne vous explique en chanson, avec un certain humour, sa vision de la pénurie.

Muriel et Xavier Morin - les auteurs de cette vidéo humoristique et sarcastique répondent aux consommateurs :
"Aujourd’hui s’offre au grand public le choix d’acheter 1 boite de masques chirurgicaux ou des masques alternatifs.
Pour les masques alternatifs il y a 2 catégories :
- catégorie 1 : vous travaillez en contact régulier avec le public ( 90% d’efficacité de filtration des particules de 3um)
- catégorie 2 : protection de l’ensemble d’un groupe portant des masques (70% d’efficacité de filtration des particules de 3um)
Pour les masques chirurgicaux, la vente en pharmacie doit se faire avec discernement, en priorité aux personnes fragiles ou à risque.
Donc, si vous êtes en bonne santé, que vous ne travaillez pas en contact avec le public, un masque de catégorie 2 suffit.
Les Tarifs : Le masque chirurgical (qui se porte max 4h) = 1 boite de 50 masques chirurgicaux à 0.95€ le masque : 50 utilisations=47.50€
- en comparaison : 6 masques tissus cat2 qui supportent 10 lavages : 6*10=60 utilisations=40€

Alors c’est qui le moins cher ?

Vous pouvez aller faire la queue au supermarché comme beaucoup de monde, sans respecter les gestes barrières, et sans masque puisque vous y allez justement pour en chercher ! Car si vous avez suivi l’actualité, un miracle s’est produit pendant que nos couturiers et couturières français passaient des nuits blanches à fabriquer des masques puisque la France en manquait cruellement, les GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) que sont Carrefour, Auchan, E. leclerc, Géant Casino … et j’en passe, ont des stocks !! Des stocks de quoi, nous ne sommes pas bien sûr, fabriqué où ? On ne sait pas trop… Homologué ? Vous en demandez trop ….

Commentaire d’une amie pharmacienne « Donc ceci est un masque FFP2 selon système U 🤔🤔🤔, c’est intéressant !!! Et donc un masque chirurgical, ça ressemble à quoi ??? ».
Non mais en plus c’est chouette, on achète en grande surface des masques par chers, jetables, et probablement fabriqués en Chine. A une autre époque, nous étions assez d’accord pour s’accorder sur le fait que la notion de pas cher pour du jetable est très très relative et mauvaise pour la planète. Mais c’est un autre débat… Donc on se précipite dans les grandes surfaces alors que depuis 2 mois toutes les entreprises françaises qui pouvaient le faire se sont mises en ordre de bataille (puisque c’est la guerre) pour nous en proposer.
Qu’est-ce que les gens ne comprennent pas dans « solidarité française » ? Comme le rappelle la CMA (Chambre des métiers et des artisans) « même confiné, je fais appel aux artisans de la filière textile mobilisés partout en France pour me fournir en masques ».
(*) Vous ne savez pas où en trouver ? Sur à peu près tous les sites web des marques françaises. Le blogueur Arnaud Chanteloup avec l’aide de Stéphanie Gabillet et d’autres, ont commencé à lister toutes les marques #MadeinFrance sur son blog Very Good Lord : Liste et tarif des masques Made in France

Vous n’aimez pas acheter en ligne ? Il y a sûrement une couturière professionnelle, un magasin de retouche pas loin de chez vous ? Une amie parisienne m’a raconté que le magasin de retouches en bas de chez elle en faisait, elle s’y est approvisionnée. Appelez-les.

Quant au travail bénévole des couturières, ça commence à suffire ! Tout travail mérite salaire Alors que nous sommes nombreux.ses à être sans travail, souvent sans aides ou revenus, nous avons déjà passé des centaines d’heures à travailler gratuitement en puisant dans nos stocks ou achetant de la matière première à nos frais afin de répondre aux nombreux appels à l’aide. Une partie de la profession des couturières lance un cri d’alerte et sont tellement en colère qu’elles ont lancé une pétition sur Change.org

Signer la pétition Bas les Masques

On vous explique pourquoi un atelier de textile (s’il n’est pas soutenu par un fond d’aide par exemple) ne peut pas travailler bénévolement et toujours offrir ses masques ou être concurrentiel avec des produits importés : Sans parler de taux horaire ni de salaire, parce que la plupart de ces artisans - entrepreneurs - ne se payent pas, ils ont néanmoins des employés pour certains, et ceux là, il faudra bien un jour les rémunérer :

Le coût de fabrication pour un petit atelier textile - Obag.fr

Alors, chers consommateurs, si vous voulez sortir de la crise, créer des emplois, éviter que nos entreprises s’écroulent, commencez déjà à acheter local ! Vous verrez, le Made in France va devenir du bon sens !

#TousAvecNosArtisans #Solidarité #artisanat #MadeInFrance

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